Abel Techer

UP. 05.02.2026

Rite pour d’autres corps

Rite pour d’autres corps, 2020
Huile sur toile, 120 x 140 cm.

Exposition individuelle I Call You From the Crossroads, commissariat Julie Crenn, Maëlle Galerie, Paris, 2020.


« (…) C’est toi qu’on voit. Tu es là, devant nous, habillé de ta chair imberbe. Avant de commencer à peindre, tu as laissé tomber tes vêtements, tu t’es enduit de gel puis tu as laissé glisser ce rasoir contre ta peau. La lame a coupé tous les poils que ton corps produit : ceux des jambes, du pubis, du torse, du visage et du crâne. Tu es donc là, face à nous, complètement nu. Ton visage, parce que tu lui as ôté ses sourcils, revêt des émotions étranges. Tu sais, Abel, j’ai toujours eu du mal à regarder un visage entièrement rasé. Historiquement, c’est l’une des premières violences que les bourreaux infligent aux condamnés : on a ainsi successivement rasé les sorcières pour trouver sur leur corps la marque satanique, les crânes des personnes déportées, puis ceux des femmes qu’on accusait d’avoir couché avec l’ennemi à la fin de la Seconde Guerre mondiale ; aujourd’hui le crâne rasé, c’est aussi le signe d’une chimiothérapie longue, douloureuse, et parfois vaine. Mais chez toi, la symbolique est autre (…) »

Camille Bardin, 2020
Extrait du texte Abel Techer et la fluidité du genre, 2020
Lire le texte complet
Ce texte a été écrit pour Jeunes Critiques d’Art, un collectif libre, indépendant et bénévole.