Esther Hoareau

UP. 04.11.2021

Fortuna

Fortuna, 2025
Extrait. Vidéo, 3 min.
Réalisée grâce au dispositif de soutien à un projet artistique du Cnap
Dotation de recherche ADAGP 2023

Images extraites de la vidéo


La robe en arrosage automatique, 2023
Croquis préparatoire, encre sur papier.

« CB
Lorsque nous t’avons proposé cette exposition Grapzëtwal avec Nicolas de Ribou, tout est allé très vite, tu as su directement quelles pièces montrer, c’était comme une évidence. Quel est le lien qui relie toutes ces pièces ? Qu’est-ce qui a fait que c’était si intuitif pour toi de définir le corpus de cette exposition ?

EH
J’ai obtenu des bourses de l’ADAGP (2023) et du CNAP (2024). Ces bourses m’ont permis de mettre à jour certaines pièces qui n’avaient pas encore atteint leurs formes idéales. Elles m’ont également permis d’interroger plus directement la question du sacré.

À ce moment-là, je faisais des recherches généalogiques parce que mes parents sont orphelins tous les deux. Du côté de mon père, c’est assez facile de retracer une certaine lignée, mais du côté de ma mère il y a plein de mystères. Je me suis dit que ce rapport animiste que j’ai dans mon travail est peut-être inconsciemment lié à ça. Je me suis demandée : qu’est-ce que ça donnerait si j’allais assumer cette possibilité ?

Avec la bourse du CNAP, j’ai pu réaliser la vidéo Fortuna (2025). Au départ, il y avait l’idée de travailler sur des éléments relevant du rituel, en utilisant notamment la fleur et l’eau pour aboutir à une réflexion autour du cycle de l’eau. J’ai finalement conservé assez peu de gestes liés au rituel, ceux qui me semblaient les plus significatifs, comme le fait de jeter des bijoux dans l’eau. En Inde, des personnes riches jettent de l’or dans le Gange pour se faire pardonner leurs fautes, tandis que des enfants pauvres plongent pour récupérer ce trésor. C’est un cycle qui existe vraiment. Au départ, pour la robe en arrosage automatique, je m’imaginais une danseuse de Bharatanatyam. Finalement, dans mon tout petit jardin où la vidéo a été tournée, avec un cadrage précis, j’ai fait les quelques gestes que je voulais avoir, il n’y avait pas besoin de plus, parce qu’il y a ce rapport un peu intime, et peut-être métaphysique. »

Extrait d’entretien, par Céline Bonniol, 2026
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