Esther Hoareau

UP. 04.11.2021

Piano oiseau

Le Piano-Oiseau, 2026
Installation, bois, lumière et moteur, 71 x 98 x 60 cm.


« CB
Pour finir, je voudrais évoquer les oiseaux, qui sont très présents et reviennent régulièrement dans ton travail. Ils constituent un élément fort de ton vocabulaire plastique. Leur attribues-tu un sens particulier ? Les relies-tu à une histoire de l’art ou à d’autres champs de référence ? Que représentent-ils pour toi, et que symbolisent-ils dans ta démarche ?

EH
Effectivement, les oiseaux sont là depuis longtemps… Dans Lily in the Valley (2003), il n’y pas de dialogue. À un moment, le personnage parle et ce sont des pépiements d’oiseaux qui sortent de sa bouche. Dans Phoenix Robellini (2006), les oiseaux sont également présents sous forme de dessins, en succession d’images fixes. À chaque oiseau correspond une note de musique. Il y en a aussi dans la série Domestique (depuis 2007) avec la présence de beaucoup de moineaux, ainsi que le paon, et dans la série Ovni (2013), cette fois sous forme d’objets en plumes qui sont des vaisseaux, des passeurs. D’ailleurs, le nom scientifique du moineau est Passer Domesticus. La première fois que j’ai présenté la série Domestique, j’ai intitulé l’exposition Passeurs1 .

Aujourd’hui, les oiseaux reviennent avec le Piano oiseau qui est une idée ancienne qui a pu prendre forme grâce au Cantique des Oiseaux. C’est un long poème écrit à la fin du XVIIe siècle en persan par Farîd-ud-Dîn ‘Attâr qui raconte un voyage initiatique et une quête spirituelle. Ce sont des milliers d’oiseaux qui partent à la recherche de leur roi, ils traversent ainsi plusieurs épreuves pour finalement se rendre compte que ce roi n’est qu’une image d’eux-mêmes.

Cela rejoint l’idée d’un cheminement personnel, d’une quête identitaire et d’une forme de paix, liée au fait de se sentir à sa place dans l’univers. J’ai évoqué le fantastique, mais il existe aussi une réalité matérielle des choses, une dimension atomique et concrète. Quoi qu’il arrive, les étoiles continuent leur danse dans le ciel : il y a là une réalité cosmique, la faune, la flore… qui restent des repères et peuvent contribuer à instaurer un sentiment de stabilité et de sérénité. »

Extrait d’entretien, par Céline Bonniol, 2026
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  1. Passeurs, chapelle du Carmel, Châlon-sur-Saône, 2009