Pelures - Temps I
Pelures - Temps I, 2012
Installation, vidéo (Big Balls - Grosses couilles), peinture murale, dessins, tapis, lampes tempête.
Exposition individuelle Pelures - Temps I, LERKA (Espace de recherche et de création en arts actuels), Saint-Denis, La Réunion, 2012.
« Voici venir le temps… le temps du pays mosaïque… c’était encore le temps, encore temps ? »
Dominique Ficot
Les balles ne sont jamais anonymes
Collage de photocopies de balles (munitions) et dessins, coloriage sur papier bristol de dimensions variées.
Chaque balle porte un nom (comme toutes les balles peintes sur les murs de la salle, de façon éphémère). Il existe plusieurs séries, se différenciant par un traitement particulier du dessin ; plusieurs centaines de fiche bristol composent la totalité. Chaque série possède son autonomie.
Salle Podium
« Les mots sur les murs sont difficiles à effacer. Les mots des murs se gardent. Les mots des murs résistent à l’oubli. Les mots des murs résistent »
Dominique Ficot
Le podium
Sculpture performative en polystyrène, bois, chaussures de l’artiste engobée de tissu plâtré.
Utilisée pour la performance Podium
« Pelures est un cycle d’expositions construit autour d’une réflexion portée sur les différences de valeurs ressenties par les observateurs entre un travail utilisant des ressorts intimes et celui utilisant des valeurs symboliques communément partagées. C’est à travers un voyage dans l’utilisation d’objets (principalement des vêtements) à valeur affective pour l’artiste, ou sans aucun lien avec l’auteur, que la création se détermine. Pelures se présente par étapes et celle que l’artiste propose correspond à l’utilisation « d’habits collectifs », de vêtements partagés.
Il s’agit ici de porter les vêtements d’autres et d’en accepter l’histoire, les particularités, les contingences. Pour les mettre, les porter, les retirer, il faudra passer par l’écoute de l’autre et une coordination nécessaire. Chacun est seul mais surtout avec. Après avoir été portés, les vêtements deviennent un peu les nôtres et ressemblent à de nouvelles peaux.
L’artiste cherche les traces de ces expériences et les attend.
Les « habits collectifs » appartiennent à l’artiste mais leur utilisation est libre (dans le respect de leur intégrité). »
Antoine Merveilleux du Vignaux
D’autres artistes sont associés à cette aventure. Jako Maron et Soleïman Badat (musique), Jean-Marc Lacaze et Soleïman Badat (vidéo et photo), Chrisitan Floy Jalma (communication poétique). Aude-Emmanuelle Hoareau1 a conçu une suite de textes autour et avec le travail de Dominique Ficot.
- (1978-2017) Docteur en philosophie, Aude-Emmanuelle Hoareau était également enseignante aux Beaux-Arts, journaliste, poète, écrivaine, lauréate du Prix de la Nouvelle de l’océan Indien ainsi que du Roman du Grand Océan. Chercheur, elle a notamment travaillé sur l’identité créole dans sa singularité et sa pluralité et avait consigné ses travaux dans deux ouvrages qui font autorité : Concepts pour penser créole et Manifeste pour une pensée créole réunionnaise. Avant sa disparition subite à l’âge de 39 ans, elle commençait un nouveau doctorat d’arts plastiques sur les rapports entre le corps et la créolité dans le monde ; elle venait de publier Pole Dance Philosophie. C’était aussi une artiste qui avait conçu et produit plusieurs performances visant à intégrer la Pole Dance dans le champ de l’art contemporain. ↩