MAYAZ PRO | Workshop de création numérique
Programme d’échange et de professionnalisation artistique dans l’océan Indien
Présentation
Ce workshop de création numérique sous dôme, accueilli à The Green Village, réunit les artistes Mahefa Dimbiniaina Randrianarivelo, Ridha Andriantomanga, Gloria Vivien et Tatiana Patchama.
Il s’inscrit comme un temps de recherche, de transmission et d’expérimentation autour des arts digitaux. Il propose d’explorer l’espace immersif comme médium, ainsi que les relations entre image et son en mouvement, en travaillant les notions d’échelle, de rythme, de narration visuelle et le lien entre intention artistique et contraintes techniques.
Il a pour objectif d’amener les participant·es à appréhender l’espace comme un canevas pour la création numérique, à explorer les fondamentaux de l’image en mouvement (animation et vidéo), à expérimenter la narration visuelle, et à développer une forme courte immersive adaptée au dôme, en articulant démarche artistique et contraintes techniques du digital.
Accompagné·es par des expert·es mauricien·nes de la production numérique, les participant·es se familiarisent avec des outils tels qu’After Effects, Blender et MadMapper, depuis l’écriture jusqu’à la réalisation, dans une perspective d’autonomie et de professionnalisation. L’approche pédagogique est à la fois expérimentale, fondée sur l’apprentissage par la pratique, transversale entre art et technique, immersive grâce aux tests en conditions réelles dans le dôme, et personnalisée à travers des temps d’accompagnement individuels réguliers. Le dôme occupe ainsi une place centrale, à la fois outil de création, espace d’expérimentation et support de restitution.
Le workshop se déploie en quatre phases complémentaires : une phase d’immersion et de découverte des fondamentaux, une phase de recherche et d’expérimentation, une phase de production et de finalisation des œuvres, puis une phase de restitution finale permettant de présenter les résultats des expérimentations sous la forme d’une création art-science immersive de 1 à 2 minutes.
Le Green Village au Morne est une plateforme communautaire et écologique située au pied de la montagne du Morne (site UNESCO) à l’île Maurice. Cet espace de 12 arpents, en expérimentation, combine nature, culture et éco-technologies pour promouvoir le développement durable, l’art et le bien-être. Partenaire du projet, le Green Village met à disposition son dôme dans sa démarche de soutien aux projets artistiques. Constitué d’un jardin abondant, d’une ferme durable et d’un lieu de rencontre, il s’inscrit dans un environnement authentique, à proximité des mangroves et du lagon. Le cœur du site repose sur un jardin de permaculture, qui offre un habitat sain pour les abeilles, exempt de pesticides. Il sert également d’exemple d’agroforesterie, démontrant que l’agriculture peut régénérer la terre et promouvoir la biodiversité. Une petite famille d’animaux, comprenant un dromadaire, un âne, un cochon, des poules, des lapins, des dindons et des bovins, participe à l’équilibre de l’espace. De plus, le site pratique le compostage, contribuant ainsi à la durabilité écologique. Son dôme permet une immersion totale dans des expériences culturelles et artistiques, offrant un cadre idéal pour des projections, des performances et des ateliers interactifs. Les visiteurs peuvent ainsi vivre des événements diversifiés tout en étant entourés par la beauté naturelle du site. En outre, le projet favorise l’engagement communautaire à travers des journées portes ouvertes et des camps immersifs destinés aux jeunes, leur permettant d’apprendre des compétences pratiques tout en renforçant la confiance en soi. Il s’agit également d’un lieu de célébration, avec un four à pizza au feu de bois qui anime des soirées où les visiteurs peuvent déguster des plats tout en écoutant de la musique variée. Ce cadre décontracté attire divers groupes, tels que musiciens, yogis, thérapeutes et artisans, qui trouvent ici un espace propice à l’échange et à la créativité. Le Green Village a pour but d’être un lieu où se crée une atmosphère authentique et chaleureuse quel que soit l’objectif de la visite — artistique, culinaire ou simplement contemplatif. « Venez comme vous êtes, et repartez le cœur un peu plus léger. »
Artistes
Mahefa Dimbiniaina Randrianarivelo, photographe avec une formation décennale en théâtre et en peinture numérique, intègre parfaitement le surréalisme dans ses portraits en puisant dans ses expériences personnelles et en abordant des enjeux sociaux et géopolitiques. Originaire de Madagascar, il canalise des influences précoces telles que Salvador Dali et René Magritte pour brouiller les frontières entre réalité et fantaisie, invitant les spectateurs à remettre en question leurs perceptions.
Approchant son métier à la manière d’un cinéaste, Mahefa planifie méticuleusement ses compositions en sélectionnant décors, acteurs et accessoires pour transmettre authentiquement sa vision. À travers son objectif, il juxtapose des thèmes sociaux tels que l’inégalité et l’injustice avec sa propre narration, créant un espace où les spectateurs peuvent s’engager avec des problématiques pressantes dans un contexte imaginatif.
Son travail, souvent représentant des sujets dans des scénarios étranges, vise à initier des dialogues qui promeuvent un changement sociétal positif. Enracinée dans une quête de compréhension de soi et d’appartenance, la photographie de Mahefa sert de phare pour ceux qui luttent avec des questions identitaires similaires, les encourageant à embrasser leur individualité.
Convaincu du pouvoir transformateur de l’art, Mahefa s’efforce de façonner un monde où chacun peut s’épanouir. En utilisant la photographie comme catalyseur pour l’advocacy et l’introspection, il inspire les autres à se joindre à lui pour promouvoir une société plus équitable et empathique.
Notamment, ses réalisations comprennent la victoire du Prix Paritana qui lui a permis de décrocher une résidence à la prestigieuse Cité Internationale des Arts à Paris ainsi que le Prix Contemporain de la Photographie Africaine, avec des expositions couvrant la France, l’Allemagne, la Suisse, et la Foire Africaine de la Photo en Côte d’Ivoire.
Ridha Andriantomanga, né le 9 janvier 1978 à Befelatanana (Antananarivo, Madagascar), est un artiste animé par une passion précoce pour le dessin. Il débute comme illustrateur dans une agence de publicité à Antananarivo, avant d’évoluer vers le design graphique et la création visuelle. En 2007, la découverte du cinéma d’animation marque un tournant décisif. Dès 2008, il remporte le premier prix des RFC avec son court métrage ILM, le savoir. Ses œuvres sont ensuite sélectionnées dans des festivals internationaux, notamment à Annecy, où il représente Madagascar avec Taratasy (2012), Ho an’i Dada (2014) et Zanadrano (2021). Directeur du studio Lewak et en parallèle Directeur du Pôle Animation chez Animhouse, au sein de ONY Académie (Madagascar), il crée des œuvres mêlant art, culture et engagement, avec le désir constant de transmettre et d’inspirer. Artiste multidisciplinaire, il obtient plusieurs distinctions internationales en sculpture numérique : 1er au concours international Zbrush Challenge ; 3e au concours international Monster Month. Ouvert aux échanges, il a collaboré avec plusieurs créateurs, notamment dans le projet TransPorter / Lambahoany en Mouvement de Catie de Balman en 2011, qui a réuni dix artistes de différentes disciplines. La même année, il a également participé à un atelier CFI organisé au Burundi, rassemblant des artistes-animateurs venus de plusieurs pays du continent africain ainsi que d’Haïti.
Née et ayant grandi à Maurice, Gloria Vivien est une créative pluridisciplinaire. Elle est titulaire d’un Bachelor en Graphic Design and Animation du Fashion & Design Institute, Mauritius, où elle a développé une base solide en narration visuelle et en maîtrise technique.
Elle a débuté sa carrière dans l’animation 3D et la visualisation de produits avant d’élargir son champ d’action au cinéma, à la publicité et aux événements en direct, en occupant des rôles allant du design de production à la direction artistique, en passant par l’animation, la création de contenus vidéo pour des performances artistiques et la coordination de production. À travers ces projets, elle fait le lien entre réflexion conceptuelle et mise en œuvre pratique, en répondant aux exigences créatives et techniques de chaque production. Sa pratique professionnelle lui a permis de développer un langage visuel flexible, en collaborant étroitement avec réalisateurs, designers, performeurs et équipes techniques pour donner vie à des idées complexes.
En parallèle de ses commandes, sa pratique personnelle englobe à la fois des médias analogiques et numériques. Elle explore la peinture, le dessin, le graphisme, l’animation et la création sonore à travers des techniques mixtes.
Installation, squelettes de feuilles cousues au fil d’or sur textile (organza) et feuilles séchées assemblées au fil d’or, dimensions variables.
Photographie © Margot Montigny
Tatiana Patchama est artiste, scénographe et commissaire d’exposition, née à La Réunion où elle vit et travaille. Sa recherche explore les liens entre le vivant et les territoires insulaires, ainsi que la manière dont ces relations peuvent se déployer dans l’espace à travers des formes immersives, sonores et visuelles. Avant toute création, elle commence par créer un jardin et observer les relations que celui-ci déploie ; ces observations nourrissent ensuite ses œuvres. Elle s’intéresse à l’idée que nous pourrions être le prolongement les uns des autres, humains et non-humains, et développe une réflexion sur la place du public dans son rapport à l’œuvre, en cherchant à l’inscrire dans une posture active.
Formée aux Beaux-Arts de La Réunion et à l’Académie des Beaux-Arts de Bologne, elle complète son parcours par un master en création et édition numérique. Elle collabore avec des institutions culturelles et scientifiques telles que le Muséum d’Histoire naturelle, Kélonia, le FRAC Réunion ou l’Université de La Réunion, notamment dans le cadre de projets mêlant art et science comme l’exposition Rendez-vous avec Vénus actuellement au Muséum d’Histoire naturelle, la Nuit des chercheurs ou Autofocus, dispositif artistique de médiation autour de la lecture des images à l’ère du numérique porté par le FRAC Réunion et lauréat de France 2030.
Depuis peu, elle mène une recherche intitulée L’arc-en-ciel renaît les jours de pluie, autour du jardin nourricier, des vibrations du territoire et des formes sensibles qui émergent de l’insularité, projet initié grâce à une bourse de recherche artistique de l’ADAGP.
Formateur·ices
Frédéric Antoinette est Motion Graphic Artist et spécialiste After Effects avec près de deux décennies d’expérience en animation, compositing et scripting. Après avoir obtenu un Bachelor of Communication à Edith Cowan University à Perth, avec une spécialisation en Film and Video Production, il a commencé son parcours professionnel en 2006, en se concentrant sur la mise en vie des histoires à travers le mouvement, le design et le rythme visuel.
Au fil des années, il a eu l’opportunité de collaborer avec de grandes marques mauriciennes telles que MCB Private Wealth Management, CIM Finance, Emtel Ltd et Studio Sobha, entre autres. Son travail s’est étendu aux publicités télévisées, aux clips musicaux, au mapping vidéo à grande échelle, ainsi qu’aux visuels pour spectacles en direct — incluant la conception d’animations pour des écrans d’événements de 25 mètres et des décors de scène pour des productions de ballet.
Au-delà du design et de l’animation, il est passionné par l’optimisation des workflows créatifs grâce au scripting et aux expressions dans After Effects, en développant des outils qui améliorent à la fois la liberté artistique et la précision technique. Il aborde chaque projet avec un équilibre entre créativité, structure et résolution de problèmes, en veillant à ce que chaque réalisation soit non seulement visuellement percutante, mais aussi parfaitement intégrée aux pipelines de production.
Guillaume Clarisse est un artiste illustrateur et animateur 3D/2D, diplômé de l’Ecole d’Art Supérieure de la Réunion. Il produit principalement des clips de musique en 3D pour divers musiciens de l’Océan Indien et est publié dans le magazine annuel Le Cri du Margouillat depuis plus de 10 ans.
Dans sa pratique personnelle, il allie code et art digital et crée des œuvres interactives, comme vu à House of Digital Art. Il enseigne et s’occupe du suivi de projets d’animation 2D et de BD à Rubika Maurice.
Kim Yip Tong est une artiste et cinéaste mauricienne multidisciplinaire dont la pratique mêle peinture, animation, installation et recherche collaborative pour explorer les identités post-coloniales et les futurs écologiques.
À travers des récits sensoriels et une conception spéculative, elle cultive des histoires d’interdépendance et de cohabitation, positionnant l’art comme une forme de résistance et de bienveillance en temps de crise.
Son travail a été présenté à l’international dans des festivals tels que le Festival international du film d’animation d’Annecy, le Festival du film de Tribeca à New York et Sonar+D, et exposé en Europe, en Inde, à Singapour et à Maurice.
Diplômée du Royal College of Art de Londres, Kim enseigne à l’ENSA Nantes Mauritius et à Rubika Mauritius, tout en développant des projets qui font le lien entre imagination artistique, conscience écologique et développement communautaire.
Intervenant·es
Astrid Dalais et Guillaume Jauffret (Move for Art)
Agathe Desvaux (The Green Village)
Coordination du workshop : Savana Police (Move for Art) et Felanie Juste (The Green Village)
Oliver Fanfan, co-fondateur & co-directeur de Island Bio Ltd (Oliver accompagne Green Village pour son expertise de la biodiversité et pour la mise en place de son projet agricole)
Zanane, habitante du Morne, connaisseuse des plantes médicinales
Max Anish Gowriah, artiste mauricien ayant créé ces dernières années des œuvres immersives, notamment des créations pour dôme
Jérémy Oury, artiste international spécialisé dans les expériences immersives et digitales, commissaire du festival Full Dôme
Identité visuelle © Anthony Bataille-Grimaud