Dominique Ficot

MÀJ. 20.02.2026

Appliqués de lingerie

Pelures - Temps IV

Ensemble sans titre, 2012
Appliqués de lingeries féminines ayant été portées sur voilages, sur tissus et appliqués de vêtements ayant été portés, pliés sur eux-mêmes, avec broderies et appliqués de dentelles découpées, dimensions variables


Voûte nourricière
Sculpture textile, robe d’une fille de l’artiste cousue sur elle même, sur laquelle sont fixés des rajouts de tissus enroulés sur eux mêmes ; l’ensemble est cousu sur un cercle de fil de fer galvanisé (90 cm de diamètre), hauteur environ 100 cm.
Pieu céleste
Sculpture textile, colonne de vêtements ayant été portés cousus entre eux, rembourrée, brodée, hauteur environ 300 cm, diamètre 40 cm.
Tapis de fleurs
Fleurs artificielles en tissu déconstruites.

îlots de sens
Sculptures textiles numérotées, vêtements ayant été portés, pliés, cousus, teints et brodés de poésies personnelles, environ 70 x 40 cm.


Dévoration

« “ C’est quand je suis ici, dans le ventre féminin, dans cet espace transitionnel entre la mort et le monde, que je me sens le mieux.

Ici, il n’y a pas de dehors, il n’ya pas de dedans. Tout est volupté.

Ici, je suis vraiment moi et je me laisse porter par des rêves de luxure. Les menstruations cosmiques coulent sur ma langue et me ravissent.

Chaque soir, je renais avec vous et ces morceaux de femmes que j’ai volés dans les maisons, des morceaux de tissu et de dentelle qui recouvraient leurs parties intimes.

Chaque soir, les femmes démembrées s’offrent à moi. J’absorbe leurs odeurs vaginales, leur sudation mammaire, la captivante fragrance de leur intimité, et je jouis.

Les femmes comblent mon désir. Créatives et bourrées d’hormones, elles ne cessent d’accoucher de rêves, de douceurs, de dentelles au lait de rose. Les femmes fontaines envoient leurs jets de plaisir sur mon flanc.

Ces femmes aux parfums entêtants qui sculptent leurs atours, je les dévore. Dans le secret de mon antre, je suis le monstre pervers qui les tient prisonnières, se nourrit de leurs caprices et de leurs cambrures.
Je puise l’inspiration au ciel de leurs phéromones.

Ne me laissez pas seul, j’ai déposé des fleurs pour alléger vos pas. J’ai besoin de vous étreindre pour croître. Accrochez-vous à mes pantins. Je suis trop rempli pour exister seul.

J’ai encore la nostalgie du sein maternel que j’ai accroché au plafond, pour le sucer à volonté. Il s’est vidé et pendouille en cascades d’étoffes. Voulez-vous y goûter ?

J’ai déposé mes doudous sur le sol, pour que vous y frottiez un peu de vos substances, que nous partagions une même humanité corporelle.

Offrez-moi un Je de partage.

Offrez-moi un Je d’union.

Nous nous gorgerons ensemble de lait maternel.

C’est bientôt l’heure du coucher.

Je retourne à mon utérus de chiffon.

Bientôt, je redécouvrirai le monde et serai un homme neuf.

Un nouveau Je. Grâce à vous.” »

Aude-Emmanuelle Hoareau