Dominique Ficot
MÀJ. 20.02.2026
dossier à venir
« (Tout est prétexte à rebonds. Une image, un son, un être, une idée, un événement.) Dominique Ficot s’approprie tout. Un morceau de bois, un bout de tissu, un lambeau de papier, des mots, un chiffre… et toutes les couleurs. Il prend, il regarde, il aime ou il déteste, il transforme, il assemble, il dit. Il nous situe un univers coloré où les objets, pleins de violence et d’ironie, s’entassent dans un ordre mystérieux et méticuleux. Pour lui, tout a un sens, même s’il le met sens dessus dessous. Car pour découvrir Dominique Ficot, on peut prendre les mots au pied de la lettre et il faudra alors soulever le voile. Mais comme le sens propre se mêle au figuré, il faut aussi savoir lire entre les lignes. La création de Dominique Ficot est une perpétuelle invitation à une espèce de parcours initiatique où même les jalons qu’il dépose pour nous guider sont à décoder. Dans une démarche essentiellement plastique, il délimite l’espace, le (re)compose à partir de matières soigneusement choisies, car si tout peut être intégré, ce n’est jamais n’importe quoi et il n’est sans doute pas innocent que Dominique Ficot sélectionne souvent des objets (ou des bribes d’objets) ayant déjà vécu pour les transformer en autre chose de vivant. Pas innocent non plus que ces objets aient toujours un lien avec l’être humain et soient restitués parmi d’autres représentations sociales, en filigrane de son œuvre, c’est l’homme, en l’occurrence l’artiste, parmi (contre) les autres. (…) Dominique Ficot ne fixe aucune règle : elles existent. Il se contente de rappeler les interdits mais, en empêchant de les transgresser, peut être définit-il le champ de tout ce qui est permis ? D’ailleurs, si la production de Dominique Ficot est parfois matériellement entravée de liens, si son propos rappelle souvent les contraintes sociales ou humaines, sa création est particulièrement libre et l’artiste s’autorise avec beaucoup de bonheur un grand nombre de moyens plastiques. »
Laurent Segelstein, 1991
Photographie © Sandrine Turpin