Dominique Ficot

MÀJ. 20.02.2026

Elabakana

Conserves de mort

Elabakana - Conserves de mort, 2004
Installation, techniques mixtes, ampoules et objets variés, suspensions, 12 x 12 m
Exposition collective Elabakana, production Lerka, Espace Jeumon, Saint-Denis de La Réunion
Photographies © René-Paul Savignan


Exposition collective Elabakanaglissement perpétuel, commissariat Antoine du Vignaux, Antananarivo, Hangar du Régiment d’Artillerie Anti-Aérienne (R3A), Betongolo, Madagascar
Photographies © Philippe Gaubert


« La mort, Dominique Ficot l’apprivoise une dizaine d’années pour ne pas l’affronter.
Ou en être terrassé.
L’attente de l’inéluctable disparition lui est insoutenable.
Elle empêche la mise en œuvre.

Cette peur innommable, il la met alors en geste.
Il n’envoie pas au rebut les objets usuels.
Il les concasse rituellement avant l’heure : mis à naître et à mourir.
Ils sont réduits aux mêmes particules, puis conservés dans le vide de verres aux ailes de fer allumées.
L’artiste se démiurge : “ je détruis, je crée ”.

La chronique rituelle est tenue.
Elle aboutit à des dizaines de suspensions.
L’objet usuel, devenu objet d’art par le rituel, est perle innombrable.
Elle suspend la disparition en “ conserve de mort ”.
Elle la contient perpétuellement.
Et le marcheur peut déambuler entre ces intervalles du Vivant, Elabakana. »

Christiane Rafidinarivo


« En 2003, lors d’une résidence de recherche à La Réunion, le plasticien malgache Richard Razafindrakoto initie le projet Elabakana. Dès cette année, des ateliers de recherche interdisciplinaires sont organisés, explorant l’influence des traditions malgaches sur la culture réunionnaise. Ce travail collectif aboutit à une première exposition (Elabakana, glissement perpétuel) à l’Espace Jeumon en 2004.
Aux côtés de Richard Razafindrakoto, les artistes réunionnais Térésa Small, Dominique Ficot et Christian Floy Jalma s’engagent dans le projet. Ensemble, ils interrogent deux axes principaux :

Les liens culturels, historiques et religieux entre Madagascar et La Réunion

La valeur symbolique, sacrée ou détournée des objets dans les sociétés

Le musicien Jako Maron contribue à la création d’un environnement sonore inspiré des échanges issus des ateliers, tandis que la chercheuse Christiane Rafidinarivo (CEVIPOF) apporte une dimension scientifique à travers ses textes. L’archéologue Bako Rasoarifetra enrichit l’exposition d’une perspective patrimoniale, retraçant l’histoire et la symbolique des perles malgaches. »

Source : Elabakana, un projet LERKA