Dominique Ficot

MÀJ. 20.02.2026

Pelures VI

Pelures - Temps VI, 2012
Installation en deux salles, œuvres textiles (couture de vêtements usagés), suspensions, appliqué sur tente, vidéo (Pelures - Habiter sur moniteur et Re-vêtir en projection), tirages numériques, chaises, lampes de chevets, sculptures.
Exposition individuelle Pelures - Temps VILERKA (L’Espace de Recherche et de Création en Arts actuels), Saint-Denis, La Réunion, 2012.


Salle 1 – Mes habits des autres

« Tous les éléments peuvent être indépendants et vivre leurs vies. Ils ont donc tous et chacun un titre, une technique et une histoire à raconter. »

Dominique Ficot

Captation de l’exposition

« Appliqués de vêtements ayant été portés (ni les miens, ni ceux des proches) sur une tente, des coussins

Une mosaïque de chemises ayant été portées, cousues entre elles pour définir un ciel

Des vêtements ayant été portés (ni les miens, ni ceux des proches), cousus ensemble, faisant tentures aux murs

Une vidéo de Soleïman Badat (Habiter), sur écran dans la tente

Une sculpture de matériaux composites et d’objets hétéroclites engobés dans un plastique/vernis artisanal, coloré dans la masse à la peinture à l’huile

Une chaise sculpture recouverte d’un patchwork de vêtements

Des dessins (gommettes de feutrine) au sol
Racines
“ Le sol est tatoué racines racines de terres mon dos est tatoué amas cosmique racines d’étoiles un monde est tatoué prélude de sens racines de vie »

Une partie de ma tenue portée lors de la performance Re-vêtir : chemises, pantalon, chaussures

Un tableau sans titre sur contreplaqué, à l’huile ; avec le collage d’un tirage papier d’une photo de la performance Habiter (130 x 100 cm, indisponible) »

Dominique Ficot


Salle 2 – Les habits collectifs

« Partage d’entr’habits, de routes ensembles, de rituels d’habillages, de causes communes, d’êtres ensemble »

« Installation des habits collectifs ayant été portés lors des performances Re-vêtir. »

Dominique Ficot

« Vêtements ayant été portés, cousus ensemble, destinés à être portés; sur lesquels il peut y avoir des broderies, des appliqués de tissu, des peluches, des volumes rembourrés, des sous-vêtements appliqués

La projection de la performance Re-vêtir à Villèle sur un vêtement collectif fait de chemises blanches

Une image de la vidéo de Christian Jalma avec La veste qui voyage

Séchage de vêtements collectifs des performances “re-vêtir” à LERKA
Frise de pantalons, avec appliqués de sous vêtements féminins et de dentelles découpées
Cercle de jupes, avec ajouts de tubes de tissus rembourrés (enroulés sur eux mêmes)
Frise de chemisiers féminins, avec ajouts de tubes de tissus rembourrés (enroulés sur eux mêmes) et fils noués »

Dominique Ficot


L’oiseau de Minerve

« Ficot n’est plus un vivant ordinaire. Sa geste artistique l’a porté loin des rives terrestres. Ficot a son séjour dans le ciel, une poche où il habite seul, en quelque sorte, un second ciel. Il n’est ni homme, ni femme, ni corps, ni voix. Juste présence.

La sixième demeure.

Son monde intérieur comprend de nombreuses et ravissantes étoffes qui sèchent au vent des étoiles. Pantalons et complets de tissu fleuri. Les écailles de sa vie d’homme. Dieu les a fait choir. L’homme est aussi nu qu’au premier jour, lorsqu’il exhibait Grosses Couilles, son sexe énorme.

Mais sa nudité est aujourd’hui spirituelle.

Ficot n’est plus porteur d’une intériorité cachée. Son âme est pelée, d’une simplicité désarmante ; toute offerte au voir.

Le cycle est achevé.

Souvent, Ficot a le cafard. Il se sent appelé à rentrer en son centre-même, sa coquille, pour coïncider avec soi.

Il habite alors une cache mobile. Une tente. Il y croît par la foi et perçoit l’existence par la vue intérieure.

Ficot habite l’essence. Il est seul avec le monde. On le visite sans s’attarder. Son âme est dans un étonnement qui grandit tous les jours.

Pour l’instant, il a beaucoup plus de facilité qu’auparavant à vivre.
Mais il lui semble, aussi, qu’il ne s’est jamais senti aussi seul.

Il conserve pendue au plafond, dans une enveloppe de glaise, le passage de l’Évangile où Notre Seigneur annonce qu’il viendra.

Mais il ne viendra pas.

La fin des temps sera là avant. Une femme enveloppée par le soleil avec la lune sous ses pieds. Après avoir surmonté nombre d’épreuves pour sauver l’univers, Ficot se réfugiera dans son cabinet intérieur. À nouveau.

Et il se sentira perdu.

Alors il va redescendre et reprendre le cycle.

Il a déjà jeté ses amorces au sol, pour reproduire l’enracinement…et s’en déprendre à nouveau.

C’est à la tombée de la nuit que l’oiseau de Minerve reprendra son envol. »

Aude-Emmanuelle Hoareau