Emma Di Orio

MÀJ. 30.06.2026

La ravine

La Ravine, 2026
Dessin numérique, 30 x 40 cm.

« MR
Tu réalises beaucoup de dessins numériques. En quoi cette pratique, différente du dessin au crayon, notamment sur tablette, t’intéresse-t-elle également ?

EDO
J’aime le côté moderne de l’outil, ainsi que toutes les possibilités qu’il offre sur le plan pictural. Ce que je trouve très intéressant, c’est qu’il crée une sorte de croisement entre le dessin classique et la peinture. Avec un seul outil, le stylet, je peux accéder à des effets et à des techniques qui me font penser à la peinture ou à l’aérographe. J’aime beaucoup cette variété de textures et de rendus. Ça me permet aussi d’obtenir quelque chose de très doux. J’utilise énormément l’outil aérographe pour réaliser des dégradés et créer une imagerie un peu fantastique, parfois psychédélique. Au final, avec un seul outil, j’en ai une multitude à disposition.

MR
Est-ce que la tablette te permet d’obtenir des rendus issus de techniques que tu maîtrises peu ou pas dans la réalité ?

EDO
Oui. J’adore l’aérographe. D’ailleurs, Juliette Dennemont, une amie plasticienne, m’a proposé de me former, mais c’est une technique qui demande du matériel et toute une mise en place : on ne l’utilise pas n’importe où, n’importe comment. Avec la tablette, je peux obtenir des résultats qui s’en rapprochent. Évidemment, ce n’est pas exactement la même chose, mais on est un peu dans cet esprit-là. Travailler différentes techniques sur tablette me permet aussi de mieux comprendre certaines choses. Par exemple, le travail par calques m’aide ensuite quand je peins sur toile. J’ai l’impression de mieux comprendre la peinture et la manière dont les images se construisent. J’aime beaucoup cet aller-retour entre les techniques traditionnelles et les outils plus technologiques. Ça ouvre aussi d’autres possibilités, comme les dessins en réalité augmentée que j’ai présentés à Drawing Now Paris cette année, réalisés en collaboration avec Boris Lallemand. Je trouve ça très stimulant parce que j’aime aussi le côté animé des choses. La réalité augmentée me permet de passer à un autre niveau. Autant j’aime les pratiques très simples, très instinctives, autant je suis aussi attirée par les outils technologiques et les formes plus contemporaines. (…) »

Extrait de Conversation avec Emma Di Orio, par Mathilde Rousselie, 2026
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