Emma Di Orio
MÀJ. 04.06.2026
dossier à venir
« Emma Di Orio pratique un dessin résolument féministe. Sans complexe, ni tabou, ni compromis, elle représente quasi exclusivement des femmes, cis, trans, intersexes, de tout corps, de tout âge, de toute géographie et de tout imaginaire. À partir de corps réels ou fictifs, elle déploie une multiplicité d’expériences, d’émotions, d’expressions, d’interrogations et d’états. Sur une plage blanche, les silhouettes apparaissent au stylo noir : des sirènes siamoises, des fées aux seins nus, une femme décapitée mâchotant une sucette, des larmes coulent sur les joues vertes d’une extraterrestre, une vampire, une femme velue, une jeune fille cornée faisant la moue, tandis que l’une est blasée, ennuyée de tout, l’autre vomit littéralement la vie. Tels des tattoos, les corps sont synthétiques, réduits à l’essentiel. Chaque individu véhicule un message, une idée, une pensée. Les représentations de femmes sont souvent accompagnées de textes, de mots en anglais qui renvoient à une palette d’états et de ressentis : la frivolité, le manque, la vulnérabilité, la violence, l’amour, la tendresse, la tristesse, l’espoir, la force, l’ennui, la naïveté, la douleur, la colère, la joie, l’insatisfaction, la mélancolie, l’insécurité. Les femmes s’expriment librement, envers et contre les stéréotypes les plus virulents. Elles ne redoutent ni la peur ni la honte. »
Julie Crenn, 2020
Extrait de Emma Di Orio - Bad Feminist
Lire le texte complet sur le site de Julie Crenn
Texte commandé et produit par le FRAC Réunion