Les pieds dans l'herbe au soleil
« L’artiste filme le corps, le sien. À la manière du peintre, les cadrages serrés, le dosage de plans et d’arrière-plans, les subtiles brisures de rythmes horizontaux et verticaux, la beauté plastique des scènes inscrivent cette œuvre dans la continuité de ses toiles sur le morcellement de la chair, références à Bacon et Schiele.
Sa maîtrise de l’espace témoigne aussi d’une pratique de la sculpture.
Synthèse des acquis, l’utilisation du médium vidéo libère le langage du poids de l’histoire. Évitant l’écueil technologique du trucage, elle lui ouvre de réjouissantes perspectives dans sa quête de mouvement.
Elle rejoint ainsi Georges Bataille. Picturale et intuitive, son écriture vidéo sublime l’intimité de ses émotions en un envahissement érotique et sensuel, en une suggestion onirique de partager un fantasme, en une parabole magique de sa conscience aiguisée du fascinant bonheur d’être en vie. Carpe diem. »
Éric Fayet, 2004.
« Les deux vidéos Comme une algue et Les pieds dans l’herbe au soleil ressemblent à des peintures de lumière. L’artiste a aboli la profondeur et montre la mobilité du corps qui se déforme, s’altère par un mouvement lent et incessant. La présence de la musique, inquiétante parfois et associée au mouvement, pourrait aussi rapprocher ce travail de la danse : un lent ballet où l’équilibre est précaire, un léger mouvement de la main ou du pied lorsque tout bouge autour. Le ballet solitaire semble se dérouler inexorablement, la tension vient de l’impossible image fixe et de la dimension spirituelle suggérée, des fantômes qui montent en elle. »
Isabelle Poussier