Leïla Payet

UP. 11.08.2026

Discours sur le colonialisme, Aimé Césaire

Tapis mendiant

Discours sur le colonialisme, Aimé Césaire, 2014 - ∞
Œuvre-corpus Tapis mendiant
Citation vidéo en 3 parties


Discours sur le colonialisme, Aimé Césaire, 1, 2014 - ∞
Citation vidéo, 48 s.
Discours sur le colonialisme, Aimé Césaire, 2, 2014 - ∞
Citation vidéo, 40 s.
Discours sur le colonialisme, Aimé Césaire, 3, 2014 - ∞
Citation vidéo, 26 s.

« (…) Tapis mendiant, autre corpus, se présente quant à lui comme un mille-feuille d’archives et de citations qui se rencontrent, s’entrecroisent, se fondent et se répondent, mettant en réflexion les considérations autour de l’art “nègre”, le “continent originel”, les “métissages”, l’histoire de l’art rituel ou de l’urbanisme colonial. (…) »

Leïla Quillacq
Extrait du texte Leïla Payet, 2020
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« (…) Par cette fine conscience de ce qui se trame dans la construction individuelle, le travail de Leïla Payet a opéré un tournant décisif à partir de 2013. Elle s’engage dans une recherche au long cours qui trouve ses développements dans la forme du « tapis mendiant », un travail de vidéo-citation proposant de multiples variations autour d’une même matrice.

Tapis mendiant est une œuvre évolutive et composite qui agrège de nombreuses citations textuelles ou visuelles issues de lectures et d’images captées au cours d’investigations.

À l’origine conçu comme un court-métrage non linéaire, le film comporte aussi bien des images trouvées sur internet que des photographies capturées par l’artiste ou encore des collages numériques imbriquant dessin et image. L’œuvre résulte d’un projet de recherche intitulé No statues/No statut (2013), qui fut un prétexte à de multiples collaborations et échanges1 à partir de la relecture du film Les statues meurent aussi, le premier en France à avoir remis en question la fabrication de la culture hégémonique occidentale en se préoccupant de « l’art nègre ». Depuis 2018, Leïla Payet a choisi d’associer des objets et documents à cette matrice en dépliant les nœuds, modélisant les références et en rejouant cette syntaxe du glissement ou déplacement des sources selon les contextes de monstration. Ses installations créent ainsi des points de contact (a priori non logiques) en constituant une mise en vue à la manière d’une table de recherche. Elle se tisse au gré du temps comme autant de strates de ce qui compose, recompose la culture visuelle noire avec son lot de stéréotypes et de clichés. S’y juxtaposent des points de vue critiques, les mots d’Édouard Glissant, ceux d’Aimé Césaire ou encore de Joséphine Baker dont le corps est devenu « l’écran de l’exotisme2  ». En partant de l’art dit nègre, cette recherche s’est focalisée sur l’art africain et sa réception en France et aux États-Unis. Le mouvement de la négritude a fortement nourri ce pan du travail tout comme il a révélé en creux un manque crucial de littérature (visible) pour l’espace indo-océanique. Une plongée dans l’odyssée réunionnaise débute alors avec la découverte du roman colonial Ulysse, Cafre publié en 1924. Le roman de Marius-Ary Leblond lui permet de s’interroger sur son histoire et plus généralement de sonder les soubassements de l’imaginaire colonial. Le récit devient alors un enjeu clé du travail de celle qui tente au fond de « travailler l’opacité » en juxtaposant les narrations. (…) »

Diana Madeleine
Extrait de Elle est une île : indicible et invisible, 2023
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Voir également la page Ma tête n’est pas un pilon — Tapis mendiant


L’emprunt, l’association ou l’achat, engage celle·ux intéressé·es à respecter le processus général de mon travail, soit à ouvrir la collaboration, le dialogue et/ou à engager ensemble la réalisation d’une ou plusieurs versions reformulées, qui pourra nécessiter une nouvelle production et ce, pour chaque réactivation (il s’agit d’un protocole dont le processus est sans fin, il est lieu d’accueil à la co-réalisation et à la ré-appropriation post-mortem).

  1. Cette réflexion a été amorcée lors d’une résidence à The Window (Paris) en 2013 grâce au soutien de Catherine Baÿ et elle s’est prolongée en 2018 à l’occasion d’une résidence à la Cité des Arts. Les échanges, auxquels j’ai moi-même participé, furent enrichis, entre autres, par les regards de Julien Aure, Gabrielle Folio, Céline Notheaux.
  2. D’après le titre d’un article de Jean-François Staszak, « L’écran de l’exotisme. La place de Joséphine Baker dans le cinéma français », Annales de géographie, no 695-696, 2014, p. 646-670.