Leïla Payet

UP . 28.10.2022

Leïla Payet’s work focuses on the “origin story” of the insular territory she lives in. Her starting point is an atlas of research that consists in a collection of images and data, which she uses to compose open-ended and conversational works. These works centre on so-called “primitive” or “exotic” art and their peripheral existence in globalised thought. Designed as embryonic productions based on a primitive language, they are meant as “repeated refrains, graphic emissions, bursts of thought”. Each series, including the central No statuts/No statues, explores the way in which thoughts, discourses and images are constructed, and questions the “creolisation process” that lies at the heart of colonisation and decolonisation. Hers is a work in progress that questions our “ways of seeing” and implicitly raises the issue of the struggle for the rehabilitation of stories, languages and territories that have been stifled, contorted and dispossessed.

Leïla Quillacq, excerpt from a text and interview with the artist, for documents d’artistes La Réunion, 2020.

Mots clés

  • reformulation
  • archives
  • jeu
  • collage
  • cuisine
  • recettes
  • citation
  • mille-feuilles
  • processus
  • composition
  • créolisation
  • nous

Champs de référence

Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, 1950.
Edouard Glissant
Le musée imaginaire, André Malraux, 1947.
Umberto Eco, L’œuvre ouverte, 1965.
André Leroi-Gourhan, Le geste et la parole, 1964-1965.
Chris Marker, Les statues meurent aussi, 1953. Rapport à l’archive comme reformulation d’une narration.
Gilles Deleuze
Bénédicte Savoy et Felwinn Sarr, Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain, 2018.
Henri Laborit, Éloge de la fuite, 1976.
Jacques Rancière
Christine Buci-Glucksmann
Annie Lebrun
Marguerite Duras
Nathalie Béasse
Jun’ichirō Tanizaki
Antonio Gallego (travailler le groupe, fabriquer un « nous »)
Donna Harraway
Catherine Baÿ
Joris Lacoste
Maya Deren
Christian Ghasarian
Homi Bhabha, Third Space (théorie socio-linguistique post-coloniale)

Ma grand-mère

Écrit de l'artiste

Depuis 2008, je m’intéresse à la société à laquelle j’appartiens : l’île de La Réunion, territoire colonisé par défaut, puis par affection et issu des migrations, des fuites, des exils et finalement des intérêts économiques. La situation géographique et historique de l’île ont fait d’elle d’abord un territoire physique façonné par la mer. Elle est à la fois un port, un lieu d’attente, un second choix, une zone de repli, une gare, une prison, un espace de stationnement, un garde-manger, un lieu de passage, une belle maîtresse. Ces différents changements d’états ont rendu le territoire particulièrement « liquide », c’est à dire propice au changement continu. Mon postulat en tant qu’artiste est de penser que si le territoire physique a été façonné par l’eau, le territoire psychique, c’est à dire la mémoire, l’est tout autant. Ainsi, mon corpus d’œuvres tente d’appréhender « le processus de créolisation » vu à travers le concept de « l’état liquide » défini par Deleuze. Cela consiste à faire un aller-retour entre définir ce processus de l’être par : l’image, la pensée, et la création d’un récit expérimental plastique protéiforme, “travaillé par le rêve permanent, tentant de rejoindre l’universelle variation…
Leïla Payet