Leïla Payet

MÀJ. 11.08.2026

Réserve Cellophane

Réserve Cellophane, 2021 - ∞
Dispositif écosystème co-signé par Ketty Damour, Aesha Guillon, Thomas Nayagom, Amélie Morel, Leïla Payet, William Pougary, Jenny Ravaonandrasana-Harmelle, Nina Schrader.
Réserve expérimentale et éphémère des travaux anciens et récents des étudiant·es de l’École Supérieure d’Art de La Réunion.
Photographies © Amélie Morel et Leïla Payet.


Captation du dispositif
Image Amélie Morel et Leïla Payet
Musique Mélanie Badal



« La Réserve Cellophane est une installation vivante, qui a été ouverte pendant une journée lors d’une exposition à l’ESA Réunion en 2021. Le dispositif mettait en scène une vraie-fausse réserve expérimentale et éphémère, habitée quelques heures jusqu’au déclin complet de l’éclairage qui permettait l’activité du lieu et les visites.

La Réserve Cellophane est un espace à la fois matériel et fictif, qui repose sur la constitution d’une collection réelle des productions artistiques réalisées par les étudiants de l’ESA Réunion. Elle constitue une archive, un espace de préservation et d’expérimentation autour de l’œuvre, de l’œuvre qui se fabrique, de la production qui devient œuvre.

Cet espace physique et théorique est pensé comme une matrice, un outil expérimental et pédagogique de fabrication de récits à partir des ressources de l’école : artistiques, créatives, techniques et humaines. Cet espace a pour objectif de répondre à un besoin essentiel au cœur de l’école et de l’île : la collecte des travaux d’étudiants, leur circulation, et la nécessité de faire mémoire et de mettre en mouvement les regards.
Il s’agit de comprendre comment et pourquoi la collection est à la fois l’envers du décor, mais aussi le cœur battant de notre histoire collective. Quelle histoire commune racontons-nous à travers nos collections ? Comment nous approprier notre récit collectif, notre imaginaire, en nous appuyant sur ce capital ? Et, en définitive, comment la transformation de notre regard sur l’œuvre en fabrique la valeur. En réalisant une réserve d’art, miroir d’un groupe : celui des productions des étudiants de l’ESA Réunion, ici et aujourd’hui. »

Leïla Payet


« (…) Ailleurs dans la pratique de Leïla Payet, se formulent des expériences collectives et mouvantes. En 2021, dans l’école d’art où elle a fait ses études, avec les étudiant·es qui ont pris sa suite, elle réfléchit aux tréfonds de l’institution muséale et à ses mécanismes de promotion d’une histoire plutôt que d’autres, des succès plutôt que des essais, des maîtres plutôt que des apprenti·es. Avec les étudiant·es, elle imagine un musée fantomatique qui prend la forme d’une réserve expérimentale et éphémère, dans laquelle sont exposées des œuvres en cours de réalisation, mais aussi celles jetées dans l’arrière-cour de l’école, considérées comme ratées par leurs auteurices (Réserve des horizons I1 , 2021). Ensemble, elles revivent pendant trois jours, sont conservées, parfois restaurées, fièrement exhibées pour mieux montrer et vivre les manières dont faire exister des histoires-rebuts. L’institution aurait-elle un rôle à jouer dans la formulation de la nébuleuse-identité ? Si une réponse existe à l’abstraction qu’incarne le mot, elle se doit d’être prononcée de manière collective. C’est dans l’union et le rassemblement que, pour Leïla Payet, se formulent des pistes pour compléter les béances des récits dominants, pour nuancer les définitions et empêcher les réductions. (…) »

Horya Makhlouf
Extrait de Mon nom est commun. Réflexions sur l’identité impossible., 2023
Texte produit par le Réseau documents d’artistes et Aica – France, Point de vue, 2023. En partenariat avec The Art Newspaper France.
Lire le texte complet sur le site du Réseau documents d’artistes


L’emprunt, l’association ou l’achat, engage celle·ux intéressé·es à respecter le processus général de mon travail, soit à ouvrir la collaboration, le dialogue et/ou à engager ensemble la réalisation d’une ou plusieurs versions reformulées, qui pourra nécessiter une nouvelle production et ce, pour chaque réactivation (il s’agit d’un protocole dont le processus est sans fin, il est lieu d’accueil à la co-réalisation et à la ré-appropriation post-mortem).

  1. La Réserve des horizons I, 2021, Galerie d’exposition de l’ESA Réunion, un dispositif écosystème co-signé par Aesha Guillon, Nina Schrader, Thomas Nayagom, Ketty Damour, William Pougary, Ravaonandrasana-Harmelle Jenny, Leïla Payet, Amélie Morel