Catherine Boyer
La sensation du dessin « comme une colline que l’on dévale » est la matière principale du travail à la fois précis, délicat et incisif de Catherine Boyer. « Il y a une richesse insondable dans le dessin », confie-t-elle.
UP. 20.06.2025
La sensation du dessin « comme une colline que l’on dévale » est la matière principale du travail à la fois précis, délicat et incisif de Catherine Boyer. « Il y a une richesse insondable dans le dessin », confie-t-elle.
Catherine Boyer insiste sur le fait que l’art qu’elle pratique est un lieu d’incarnation, et non simplement un outil de représentation.
« J’utilise des éléments de la réalité pour rendre visibles des choses que je ne vois pas autrement. Des choses qui sont là mais qu’on ne regarde pas. Des choses invisibles, qu’on ne perçoit pas, mais qui sont là. »
Dans les œuvres de Catherine Boyer, l’expérience et la connaissance intimes de son île se présentent tel un jaillissement, un phénomène physique résultant de transferts d’énergie, mais sans effet durable sur la nature profonde de l’être.
Le trait de Catherine Boyer empreinte la précision et la rigueur du dessin naturaliste. Très impressionnée par la symétrie, les débordements et la puissance créatrice présentes dans la nature, elle y voit ce qu’elle appelle « une géométrie sacrée » originelle, qui structure le vivant de l’infiniment petit à l’infiniment grand.
La recherche de l’expression du féminin dans les arts visuels s’arrête très souvent aux marques de surface. Or, les œuvres de Catherine Boyer ouvrent sur un espace onirique et intime dont on aimerait sonder les profondeurs et les failles.
Catherine Boyer déploie une esthétique où son propre corps n’est jamais pensé d’une manière séparée de son écosystème – autrement dit du lieu qu’il habite. Elle est à l’écoute de son corps et du milieu par lequel il est affecté au quotidien. Alors, le vivant de l’île trouve une place fondamentale au creux de sa réflexion et de sa démarche plastique.