dossier à venir

« Dès le départ, Tatiana Patchama pense la réception sensorielle d’une oeuvre. Le regard bien sûr, mais la question du toucher prédomine. Elle emploie des matériaux communs, des mouchoirs en papier, des tissus, des éléments naturels. Les sculptures tiennent littéralement dans la main. Progressivement, l’artiste engage une convergence entre une pensée sensorielle et une approche du Vivant. Son jardin devient à la fois un observatoire et un laboratoire. Elle y prélève des corps d’insectes morts pour les customiser avec les fragments végétaux ou bien des pétales de fleurs. Tatiana Patchama fixe dans le temps les sculptures éphémères par la photographie. L’image vient archiver un geste. L’artiste pose ainsi la question de la beauté et de la répulsion en se demandant pourquoi un insecte est-il méprisé, tandis qu’une fleur serait admirée ? Par extension, elle questionne ce qui est visible et ce qui l’est beaucoup moins. Par le collage, elle se joue d’un imaginaire collectif où les êtres vivants, qu’ils inspirent la peur ou une idée du romantisme entrent en relation pour former des corps inédits. Il s’agit ainsi de dépasser les stéréotypes et les jugements pour ouvrir de nouveaux récits et de nouvelles empathies. »

Julie Crenn

Ce que le ciel emprunte à la terre, 2021
Dessin, collage, broderie, crayons de couleur et feuilles mortes.