Jack Beng-Thi

MÀJ. 01.04.2025

dossier à venir

Jack Beng-Thi, artiste pluridisciplinaire, inscrit son œuvre dans une « cartographie contemporaine de la mémoire » (Orlando Britto). Voyageur imprégné de multiples cultures, de rencontres et de collaborations, il explore depuis plusieurs décennies l’histoire coloniale de l’Afrique, de l’Asie et de l’Europe à travers l’installation, souvent monumentale, dans l’espace public et naturel, la sculpture, la photographie, la vidéo, la performance, la poésie. Il utilise des matériaux naturels prélevés sur place : bois, bambou, vacoa, fibre végétale, tissu, terre, charbon… pour transmuter la matière en des œuvres aux surfaces âpres, gravées, marquées. En se réappropriant la mémoire des êtres humains ayant peuplé l’île de La Réunion, en interrogeant les limites entre art traditionnel et art contemporain, Jack Beng-Thi propose un langage plastique où la révolte se mêle à la méditation. Son engagement n’est pas celui de la haine, mais bien d’une quête de vérité, où le rite et le sacré occupent une place centrale. En ce sens, il se rapproche d’un chaman moderne, un alchimiste, un passeur d’histoires et d’élans, un témoin. Il tente de réconcilier les hommes avec eux-mêmes et avec la nature, et rend leurs voix à celles et ceux forcé·es au silence et à l’oubli.

Ligne bleue — Héritage, 1996
Vétiver, acier peint, tissu peint, terre cuite, cheveux, sel, gravier, dimensions variables.
Photographie © Alain Lauret
Collection FRAC Réunion